le saviez vous ?

1 Historique 1.1 Etymologie

Le nom Zingiber officinale et sa traduction française « gingembre » proviennent du mot sanskrit shringavera, qui signifie « en forme de bois de cerf », en allusion à la forme des jeunes pousses sortant de son rhizome.

Apparaît ensuite le nom grec ziggiberis, qui découlerait du nom arabe zangabîl. Le terme latin zingiber apparaît plus tard, et est à l’origine du nom de genre botanique Zingiber. Il est adapté en vieux français en «gingibre», pour finalement s’écrire « gingembre » à partir du XIIIe siècle .

1.2 De son origine à son état actuel • Premières traces

Le gingembre est une plante dont l’origine exacte est inconnue, mais de nombreux pays du continent asiatique l’utilisent depuis des millénaires à la fois comme condiment, et comme plante médicinale : en effet, le rhizome de gingembre est très employé dans la médecine ayurvédique indienne et dans la médecine traditionnelle chinoise.

Confucius, grand philosophe chinois, le mentionne dès 500 avant Jésus-Christ : dans ses entretiens, il est dit que « le gingembre éclaircit l’intelligence, et dissipe toutes les impuretés. Confucius en avait toujours sur sa table ».

• Importation en Occident

Les Phéniciens ont probablement été les premiers à importer le gingembre dans le bassin méditerranéen, dès le IVe siècle avant Jésus-Christ. C’est cependant au Ier siècle après Jésus-Christ, grâce aux marins arabes naviguant sur la Mer Rouge, que la plante fut véritablement introduite en Grèce et à Rome.

Par son goût poivré et par le manque de données concernant son origine, les occidentaux ont longtemps cru que le gingembre constituait la racine du poivre. C’est l’écrivain et naturaliste romain Pline l’Ancien (23-79), qui contredit les idées reçues : « Ce n’est pas la racine du poivrier, comme certains l’ont pensé, qui porte le nom de zimpiberi ou, suivant d’autres, celui de zingiberi, quoique la saveur soit la même, car le gingembre croît dans l’Arabie et dans le pays des Troglodytes, au voisinage des habitations. C’est la racine blanche d’une petite herbe. » . Il le décrit également comme « une racine blanche, âpre et piquante au goût ».
Dioscoride, médecin grec du Ier siècle après Jésus-Christ, décrit ses vertus carminatives et antitoxines dans son traité De universa medicina : « Il croît en Arabie et aux Indes, ses racines ont quasi le gout du poivre, bon à manger il aide à la digestion, mollit le ventre moyennement, est bon à l’estomac ; on le mêle aux antidotes ».

Les vertus culinaires du gingembre sont également mises en lumière dès le IVe siècle, grâce au romain Apicius, qui le cite dans son traité de cuisine De re coquinaria.

• Début du commerce en Europe

Au VIIe siècle, le commerce du gingembre débute entre les Arabes et les pays méditerranéens voisins. Très utilisé par les pays du Moyen Orient, il est d’ailleurs mentionné dans le Coran.

Au Moyen-Âge, c’est à dire à partir du IXe siècle, le commerce du gingembre se fait de plus en plus fréquent, et la route des Indes devient une importante voie d’échange de cette épice vertueuse entre l’Orient et l’Europe. Commercialisé sous forme sèche, le rhizome de gingembre est une épice très prisée donc onéreuse.

Vers 1100, les vertus médicinales du gingembre se font connaître : la célèbre religieuse allemande Hildegarde de Bingen l’utilise dans ses remèdes pour ses actions antiseptique et tonique.

A la même époque, l’école de Salerne, l’une des plus importantes écoles européennes de médecine du Moyen-Âge, lui prête de multiples vertus : « Le gingembre prévient nos maux, les guérit tous, jusqu’aux plus anciens, et chasse les dégoûts » .

• Introduction en Afrique et en Amérique

L’implantation du gingembre en Afrique a lieu au XIIIe siècle, grâce au commerce entre les Arabes avec l’Afrique de l’Est. Sa culture s’étendra ensuite rapidement jusqu’en Afrique occidentale grâce aux colons portugais.

Francesco de Mendoca, le fils du vice roi du Mexique, introduit le gingembre sur le continent américain, peu de temps après la découverte du Nouveau Monde. Sa culture connaît alors un bel essor dans toutes les Antilles ainsi qu’en Jamaïque, qui devient un pays exportateur dès le XVIe siècle.

 Entrée officielle dans les textes scientifiques français

C’est à la fin du XVIIe siècle que le gingembre est officiellement introduit en France : sa racine fait tout d’abord l’objet d’une notice à l’Académie des Sciences, et est ensuite décrite dans de nombreux ouvrages botaniques. Ses propriétés thérapeutiques sont alors limitées à des actions tonique et antitoxines.

• Du déclin au renouveau

Le succès de cette épice retombe au XVIIIe siècle et ses échanges commerciaux diminuent : « Le gingembre tomba dans une espèce de mépris, et la culture en fut à peu près abandonnée partout excepté en Jamaïque » (Guillaume-Thomas Raynal, penseur et prêtre français, 1713-1796) (4).

Quasi absent des transactions commerciales aux XVIIIe et XIXe siècles, ce n’est qu’à la fin du XXe siècle que le gingembre séduit à nouveau la France, grâce à la fois à l’essor de la cuisine orientale, et à la fois au succès grandissant de la phytothérapie.

Dorénavant inscrit à la Pharmacopée française et à la Pharmacopée européenne, le gingembre ne cesse de faire l’objet de nouvelles études, et quantité de propriétés pourtant connues et reconnues autrefois sont redécouvertes.

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